• Eboulement du Granier

     Le Granier est un sommet situé dans les Alpes françaises, entre la commune de Chapareillan (département de l'Isère) et celle d’Entremont le Vieux (département de la Savoie), limitant au nord-est le massif de la Chartreuse.

    Il domine la vallée du Grésivaudan et la combe de Savoie de sa face est, et la cluse de Chambéry avec sa majestueuse mais tragique face nord. En effet, cette falaise de près de 900 m de haut, la plus haute de France dit-on, apparut dans la nuit du 24 au 25 novembre 1248, suite à un gigantesque éboulement faisant disparaître une partie de la montagne.

    C'est probablement le plus grand éboulement connu de l'histoire de l'Europe. On estime le nombre de victimes à environ 5 000 et ce cataclysme a donné naissance à l'une des plus grandes falaises calcaires de France avec 700 mètres d'à-pic.

     

    L'éboulement

     Le Granier est une montagne calcaire. Il est karstique, c’est-à-dire qu'il possède un réseau de grottes et de galeries creusées par l'eau (jusqu'à 500 milligrammes de calcaire par litre d'eau de pluie). Il a ainsi été recensé 341 gouffres de 10 à 560 m de profondeur, correspondant à 66 km de galeries. Certaines sont de grandes dimensions. Le Granier est également entaillé par de nombreuses failles. Ces réseaux constituent le point de faiblesse de la montagne, celui qui, combiné avec des pluies abondantes, conduira à la catastrophe.

     

    Hypothèse

     Les causes de l'éboulement font encore débat, bien que la thèse de Jean Goguel et Albert Pachoud, parue en 1972, semble gagner les faveurs des spécialistes. Une partie de la corniche, calcaire, cède, et tombe sur un terrain composé de strates de marnes valanginiennes, gorgées d'eau des pluies abondantes de l'automne. Cette chute déclenche un glissement du terrain marneux. Le frottement des strates l'une contre l'autre, pendant ce glissement, crée une élévation de la température qui provoque la vaporisation de l'eau présente dans les interstices. Cette vaporisation de l'eau accélère le glissement et génère des coulées de boue. Celles-ci entraînent dans leur chute non seulement les fragments de la corniche, mais également tout un pan de la montagne, qui vient de perdre ainsi une partie de la base sur laquelle elle était posée. La largeur de la falaise ainsi créée est de 700 à 800 m, sa hauteur est d'environ 900 m.

     

    Formation des abymes de Myans

     Le volume des éboulis est estimé à 500 millions de m³, les roches de la corniche ayant déclenché l'éboulement ne composant que 1 % du total.

    Les éboulis ont suivi la pente naturelle vers le nord-est et ont été stoppés par les moraines des Marches, de Murs et de Seloge (soit un peu plus loin que le tracé de l'autoroute actuelle). Les chercheurs du laboratoire de géologie de l'Université de Savoie ont ainsi calculé que le déficit de terrain se montait à 180 m sous le col du Granier, et qu'il y avait une accumulation sur certaines zones de plus de 40 m d'éboulis.

    La zone d'épandage fait environ 23 km², avec une longueur et une largeur maximales de, respectivement, 7,5 km et 6,5 km. Cette zone, appelée les abymes de Myans à cause de la forme bosselée qu'a pris le terrain, est utilisée depuis le début du XIVème siècle pour la culture des vignes (Apremont AOC et Abymes AOC). Des dépressions sont apparues, dont certaines font naître de nouveaux lacs, tel le lac de St André, proche de l'emplacement occupé par le village enseveli du même nom.

     

    Conséquences

     Le nombre de victimes a souvent été estimé à plus ou moins 5 000 personnes, reprenant les estimations des textes médiévaux. Amédée Guillomin, dans un article, « Les Abîmes de Myans » paru dans la Revue de géographie alpine en 1937, interroge les différents documents relatif à la catastrophe et démontre que même avec des estimations basses d'une population de 3 600 habitants sur le territoire, on se trouverait avec une densité de plus 240 hab./km². En 1937, la densité locale de la cluse chambérienne, sans la ville, est estimée à 85 hab./km². Ainsi, il estime que le nombre de victimes envisagées peut être de quelques milliers, tout au plus 2 000 personnes. Estimation que l'on retrouve dans des ouvrages plus récents.

     

    Cinq paroisses ont été entièrement détruites par ensevelissement :

    Cognin

    Vourey

    Saint-André

    Granier

    Saint-Pérange (également appelé Saint-Péran).

     

    Deux paroisses ont été partiellement détruites :

    Myans

    Les Murs (Les Marches).

     

    Le mont Granier s'appelait auparavant le mont Apremont, et a été rebaptisé suite à cette catastrophe avec le nom d'un des villages engloutis. Réciproquement, le village d'Apremont, construit sur les éboulis, a pris l'ancien nom de la montagne.

     Source: Wikipédia


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